Le mythique hôtel parisien le Royal Monceau, racheté il y a un an par le jeune homme d'affaires Alexandre Allard, fait peau neuve pour s'adapter aux demandes des nouveaux riches, moins conservateurs et plus avides de sensations nouvelles. Qui de mieux que Philippe Starck aux commandes pour mettre en scène cette nouvelle formule hôtelière ultra design et officiellement engagé dans une démarche de tourisme responsable?
Outre les chambres qui auront toutes une ambiance unique, l'établissement a également pour ambition d'être un lieu d'échange autour de l'art: une vitrine pour des galeries, des sculptures dans les jardins, des vernissages chaque mois, une bibliothèque consacrée au design, une salle de cinéma accueillera des projections pour la presse et les groupes et chanteurs disposeront d'un studio d'enregistrement et d'une salle de concert.
Engagé pour l'environnement
Philippe Starck ajoute toujours un zeste écolo à ses projets. Cette fois, il s'agit d'une fondation dotée d'un capital de 1 million d'euros qui aidera les clients voulant devenir mécènes en matière d'art ou d'écologie. Ces derniers seront également invités à verser de l'argent à ce fond lorsqu'ils choisissent le bain plutôt que la douche. De plus, les produits alimentaires seront principalement issus de l'agriculture biologique et les voitures pour le transfert aux aéroports émettront peu de CO2. Exit donc les limousines ou autres gros bolides énergivores.
Bémol....
L'effort écologique voulu par le Royal Monceau est louable mais quelques choix de la part de la nouvelle direction sont critiquables. La "Demolition Party" qui a eu lieu le 26 juin dernier a quelque chose de révoltant symboliquement parlant. En effet, 1500 invités ultra branchés (Lou Doillon, Jude Law, Emma de Caunes, Kanye West, Thomas Dutronc, Marc Lavoine, Audrey Marnay, Mélanie Laurent, Mc Solaar, Sinclair, etc...) armés de pioches et de marteaux ont pris un malin plaisir à détruire l'hôtel de luxe. La fête destructrice a vite dérapé et la sécurité a peiné pour contrôler les people en soif de défoulement (quelques départs d'incendie).
Cet étrange happening pour riches est indécent quand on pense à tous ces gens mal logés ou à ceux qui ont tout simplement de la difficulté à boucler leur fin de mois pour acheter à manger. Dans un réel engagement pour un tourisme responsable, la direction aurait pu, par exemple, donner tout ce qui était récupérable à l'association Emmaüs, ce qui aurait permis non seulement moins de gaspillage mais aussi à des personnes en réinsertion sociale de bénéficier de la valeur de ces objets. Cela nous aurait également épargné le spectacle désolant de cette "demolition party"..... ou quand la branchitude devient la beaufitude.
Qu'en pensez-vous? Â

















