Selon un article d'Annie Sasco, responsable de l’équipe épidémiologie pour la prévention du cancer à l’Université Victor Segalen à Bordeaux, chaque repas consommé en France contiendrait 21 pesticides. Au palmarès des pays qui utilisent le plus de pesticides, la France est en tête au niveau européen et troisième au niveau mondial, derrière les États-Unis et le Japon.
Au total, 349 pesticides différents sont présents dans les produits alimentaires vendus dans l'UE. 45,7% des produits alimentaires testés contiennent des pesticides. Plus de 25% de fruits, légumes et céréales contiennent deux ou plusieurs pesticides différents, tandis que plus de 5% de fruits, légumes et céréales contiennent 5 ou plus de pesticides différents (source: Planète-info).
Liens entre pesticides et cancers
Au cours des 25 dernières années, plusieurs études scientifiques ont démontré qu’une alimentation riche en graisses, notamment en graisses saturées d’origine animale, augmente les risques de cancers tandis qu’une alimentation riche en fruits et légumes diminue ces risques.
Le Dr Sasco souligne en revanche "qu’aucune de ces études ne prend en compte la question de la contamination éventuelle de l’alimentation par des cancérigènes. Cette dimension est totalement ignorée, voire réfutée et ce même par de grands noms de la nutrition et de l’épidémiologie du cancer et alimentation. Ainsi à l’heure actuelle, on ne connaît pas les effets des résidus de pesticides ou autres, contenus dans les aliments, sur la santé humaine. Même s’il existe des teneurs limites, ces teneurs ne sont pas calculées en prenant en compte le fait que chaque individu est exposé, tous les jours, à d’autres polluants dans son environnement. Ainsi, l’accumulation de ces composés potentiellement perturbateurs peut faire varier les risques d’augmentation de cancer selon la sensibilité et l’âge de chacun (les fœtus et les enfants sont plus particulièrement fragiles)".
Une nouvelle réglementation européenne
Depuis le 1er septembre, de nouvelles règles harmonisent dans toute l'Union Européenne (UE) les limites appliquées aux résidus de pesticides présents dans l'alimentation. Ce qui est une bonne nouvelle pour certains pays où la législation est laxiste sur ce sujet. En revanche, cette nouvelle réglementation européenne est une mauvaise nouvelle pour les pays ayant une législation nationale plus sévère, car ces nouveaux seuils doivent remplacer les limites fixées actuellement au niveau national.
La meilleure alimentation à adopter: le bio!
Dans son article, Le Dr Sasco est d'accord avec les recommandations du Plan national nutrition santé (PNNS) : manger cinq fruits et légumes par jour, réduire le sel, l’alcool, les produits riches en graisses. Par ailleurs, manger des fruits et légumes issus de l'agriculture biologique permettrait bien sûr de diminuer le nombre de pesticides dans notre assiette, mais actuellement ces produits sont plus chers, ce qu'elle juge inacceptable:
"J’encourage donc les politiques ou les organisations, telles que l’Organisation mondiale du commerce (OMC), à être plus stricts au niveau réglementaire et à demander aux industriels et aux agriculteurs de substituer, dans la mesure du possible, toutes les substances potentiellement toxiques par des produits sains, en particulier utilisant moins de pesticide. Je ne vois pas pourquoi la France aurait besoin d’utiliser plus de pesticides que les autres pays et donc je pense qu’une bonne partie de ces produits pourrait donc être supprimée".










