Le débat lancé la semaine dernière par l'émission "Pièces à conviction" sur la contamination radioactive de plusieurs sites habités en France, pousse à se poser des questions aussi sur l'irradiation de certains aliments vendus dans l'Hexagone. Le Collectif Français contre l'Irradiation des Aliments dénonce depuis des années des pratiques douteuses pour la conservation des aliments sans que leur message soit réellement entendu et pris en compte par les pouvoirs publics.
Selon Thierry Folliard, naturopathe, ingénieur énergie-environnement et co-animateur du collectif, "l’irradiation des aliments vient s’ajouter à une longue liste de technologies destinées à la conservation des aliments : congélation, surgélation, pasteurisation et traitement UHT, etc. Ici, un rayonnement ionisant inférieur à 10 kGray (dose absorbée moyenne) est projeté sur les aliments afin d’éradiquer germes, champignons, œufs d’insectes et parasites. Néanmoins, cette dose ne permet pas d’éliminer toutes les bactéries, ni les toxines, ni les virus, ni le prion. Les aliments n’en sortent pas radioactifs, mais de nouvelles molécules éventuellement génotoxiques, cytotoxiques et cancérigènes sont générées. De plus, la toxicité de ces produits de radiolyse n’a été que très peu étudiée, au mépris du principe de précaution".
Les produits principalement concernés en France sont les épices, les plantes aromatiques, les oignons, les aux, les légumes et fruits secs, les germes de céréales, la gomme arabique, la farine de riz, les volailles, les cuisses de grenouilles congelées, les crevettes, ...
La finalité de cette technologie est en fait de prolonger artificiellement la durée de conservation des denrées en vue de leur exportation des pays du Sud vers les pays occidentaux, gros consommateurs.
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Conséquences inconnues sur la santé humaine
Mais les partisans des technologies de l’atome vont encore plus loin dans leur volonté de contrôler la nature et l’évolution. Pour répondre à la crise alimentaire, l’Agence internationale pour l’énergie atomique (AIEA), en collaboration avec l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) propose de modifier le patrimoine génétique des cultures de produits alimentaires par la technique dite de "mutation incitée par irradiation".
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Défendant ardemment depuis 50 ans les "bienfaits" de l’atome, l’AIEA s’est employée à bombarder des semences de riz, de blé, par des radiations ou des toxiques chimiques, pour développer des variétés qui seraient plus résistantes aux aléas climatiques. Affirmant que cette technique est "propre et saine" (AIEA, agence Reuters, Vienne 02/12/2008) car les semences ne sont pas radioactives, et qu’en comparaison avec la technique OGM, elles ne reçoivent pas de gène étranger. Ces chercheurs modifient en fait de manière irréversible et totalement aléatoire le génome de l’espèce irradiée. Une telle variété irradiée de plante est donc, exactement comme un OGM, une chimère génétique, dont les conséquences éventuelles sur la santé humaine (allergies, cancerogénèse, mutations du génome humain…) sont totalement inconnues.
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Nous jouons aux apprentis sorciers
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Les mutations existent dans la nature : soumises à un stress climatique par exemple, les plantes adaptent leur génome, mutent ou expriment d’autres gènes qui étaient en sommeil. Dans le cas de l’irradiation, ces mutations sont provoquées au petit bonheur la chance, sur un intervalle de temps infiniment plus court, comme pour les OGM. Affirmer que "cette mutation induite ne fait qu’accélérer le processus naturel de modifications spontanées qui surviennent dans les plantes" (AIEA,agence Reuters, Vienne 02/12/2008) fait totalement abstraction du fait que nous savons dans la réalité que peu de choses sur ce processus naturel. En effet, pour prendre l’exemple du génome humain, seuls 2 % de notre patrimoine génétique sont codants pour la synthèse des protéines, alors que nous ne connaissons pas à ce jour le rôle des 98 autres %, constitués de séquences répétitives. La connaissance du génome n’en est qu’à ses balbutiements. Autant dire que nous jouons, une fois de plus, aux apprentis sorciers.
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