
En mars dernier, l'INCA (Institut National contre le Cancer) affirmait qu'un seul verre de vin rouge par jour augmente les risques de développer un cancer. L'alcool peut effectivement être nocif pour la santé s'il est consommé immodérément et surtout en dehors des repas. Suite à cette déclaration, les docteurs David Servan Shreiber, Richard Béliveau et Michel de Lorgeril ont répondu dans un article du 22/03/2009 publié dans le journal Le Monde que
"(...) des siècles de sagesse populaire et de nombreuses études scientifiques ont associé la consommation modérée et régulière de vin rouge (au sein d'un repas) avec une bonne santé. (...) Le contexte alimentaire modifie considérablement la réponse de l'organisme à l'alcool. On a pu documenter, par exemple, qu'un déficit en acides gras oméga-3 et un excès d'acides gras oméga-6 (typiques des diètes anglo-saxonnes contemporaines) augmente de 5 à 10 fois la quantité de radicaux libres cancérigènes produits par la consommation d'alcool. De la même façon, plusieurs études ont montré que seules les femmes dont l'alimentation pauvre en légumes verts apporte moins de 400 microgrammes de folates par jour voient leur risque de cancer du sein augmenter avec la consommation d'alcool. Pas celles dont le régime est plus riche en folates - comme c'est le cas dans la diète méditerranéenne.(...) Et il faut se rappeler aussi qu'il est facile d'arriver à des conclusions erronées lorsqu'on analyse un facteur alimentaire particulier (comme la consommation de vin) en dehors de son contexte culturel et alimentaire.
Donc, voilà l'INCA a omis de nous dire qu'un bon verre de rouge est tout à fait bon pour la santé s'il est accompagné d'une bonne ratatouille et de sardines grillées à l'huile d'olive.Â
Le vin rouge bio ou de climat frais contient davantage de resvératrol.
Ce sont les tanins végétaux, appelés aussi les polyphénols antioxydants, qui aident à lutter contre les maladies cariovasculaires et le développement de certains cancers. Dans le raisin, le plus important polyphénol est le resvératrol, qui provient de la peau et des pépins du fruit. Dans son livre Anticancer, le Dr David Servan explique que:
" Le resvératrol agit sur les gènes connus pour protéger les cellules saines du vieillissement. Il a aussi la capacité de ralentir les trois étapes de la progression du cancer - initiation, promotion et progression (...). Ces résultats sont observés avec des concentrations comparables à celles obtenues par la consommation d'un verre de vin rogue par jour. Le vin de Bourgogne, où le climat est plus humide, est particulièrement riche en resvératol".
La consommation idéale de resvératrol est de 0,5 mg par jour. Cette quantité peut être atteinte en buvant un seul verre de vin rouge, mais pas toujours. En effet, la teneur en resvératrol est très différente d'un vin à l'autre, comme "Bon à Savoir" l'a confirmé en faisant analyser le contenu de trente bouteilles de provenances différentes.
Résultat: les vins de culture biologique étudiés contiennent en moyenne deux fois plus de resvératrol que les vins conventionnels, avec 4,6 mg/l contre 2,5 mg/l. Outre le type de culture, on constate que le lieu de production joue aussi un rôle. Ainsi, les vins de régions plutôt fraîches et humides comme les montagnes suisses ou le nord des Etats-Unis contiennent, eux aussi, davantage de resvératrol que les vins de pays chauds et secs tels que l’Afrique du Sud, l’Espagne ou la Californie.
Six des sept vins contenant plus de 5 mg/l de resvératrol proviennent de régions tempérées ou de cultures biologiques (voir tableau ci-dessous). Avec, en tête, le pinot noir Duck Pond 2004 (9,2 mg/l), originaire de l’Oregon, au nord-ouest des USA. Suivi de près par la Dôle Solum du Valais, avec 8,7 mg/l. En buvant 0,5 dl de ces vins, on atteint déjà la quantité journalière de resvératrol.
A l’opposé, le shiraz Woodbridge de Robert Mondavi et le cabernet sauvignon de Fetzer, tous deux californiens, ne contiennent que 0,3 mg/l du polyphénol recherché. Il faudrait donc boire près de deux litres de ces vins par jour, mais les bienfaits des polyphénols seraient alors totalement anéantis par les méfaits de l’abus d’alcool!
Tableau comparatif établit par le magazine Bon à Savoir
Source: Bon à savoir
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