L'Arctique se réchauffe sensiblement plus vite que le reste de la planète. Cela a des conséquences pour le monde entier: le réchauffement
climatique global s’accélère et le niveau des océans augmente fortement. Près d’un quart de la population mondiale pourrait être touchée par des inondations d’ici à 2100, révèle une récente étude du
WWF. A trois mois du sommet sur le climat de Copenhague, le sujet est plus que préoccupant.
C’est un cercle vicieux: la fonte des glaces dans l’Arctique et le
réchauffement climatique global s’alimentent mutuellement. A mesure que
l’étendue claire de la glace diminue et que la surface foncée des
océans et de la terre croît, la quantité d’énergie solaire absorbée
augmente. Cela fait monter encore davantage les températures. De plus,
de grandes quantités de méthane – gaz à effet de serre – sont ainsi
libérées dans cette région polaire, alors qu’elles étaient jusqu’ici
emprisonnées dans la glace. Les deux effets conjugués contribuent au
réchauffement climatique, lequel accélère à son tour la fonte des
glaces arctiques. « Actuellement, l’Arctique se réchauffe deux fois
plus vite que la Terre dans son ensemble, ce qui constitue une menace
pour la planète entière», explique Patrick Hofstetter, responsable de
la politique climatique au WWF Suisse.
La nouvelle étude du WWF «Arctic Climate Feedback : Global
Implications» synthétise les données les plus récentes en la matière.
Elle montre que les changements se produisent beaucoup plus rapidement
que prévu. La fonte des glaces arctiques devrait faire monter le niveau
des océans de plus d’un mètre d’ici la fin du siècle – soit plus du
double des prévisions existantes à ce jour. Cela signifie qu’à terme,
près d’un quart de la population mondiale est menacée par des
inondations.
L’Arctique joue un rôle important dans le système climatique global. Si
les glaces arctiques fondent dans les proportions attendues, cela
influencera les courants océaniques du monde entier. Les modèles de
températures et de précipitations en Europe continentale et en Amérique
du Nord changeront également, ce qui posera des problèmes
supplémentaires dans les domaines touchant à la faune et à la flore, Ã
l’agriculture et à l’approvisionnement en eau.
"Nous ne pouvons briser cette spirale infernale des dangereuses
rétroactions du système climatique qu’en réduisant fortement les
émissions de gaz à effet de serre et en réussissant à maintenir le
réchauffement global en-dessous de 2°C", précise Patrick Hofstetter. "Pour cela, il faut que les pays industrialisés réduisent d’au moins
40% leurs émissions de CO2 d’ici à 2020."







