
Marco Fortier est un chroniqueur politique reconnu au Québec. En temps normal, il œuvre pour Le Journal de Montréal, le plus important quotidien du Québec. Mais depuis le 24 janvier 2009, son employeur a décrété un lock-out (ça existe en Amérique!) et a mis 253 employés sur le trottoir. Les journalistes ont répliqué en créant leur propre site d'information sur le Net, Rue Frontenac.com. Marco Fortier a décidé de profiter de ce moment difficile pour réaliser un vieux rêve : faire le tour de l'Asie en un an avec sa femme et ses deux enfants. Il nous a permis de reprendre ses chroniques de voyage sous forme de blog sur LeCoinBio.com
| Dans la chaleur de Bangkok |
| Écrit par Marco Fortier |
| Jeudi, 08 Octobre 2009 12:15 |
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Vous avais-je dit que je pars neuf mois en Asie ? Neuf mois sur la route avec ma blonde et nos deux filles de 4 et 6 ans. Nous venons de débarquer en Thaïlande, puis ce sera le Népal, le Cambodge, le Laos, le Vietnam et le Yunnan, dans le sud de la Chine. Dans l'ordre ou dans le désordre. Avec quelques détours optionnels, dépendant de... du hasard. De la météo. De nos rencontres. De rien. C'est nous qui décidons. On est les seuls maîtres à bord après Bouddha.On voulait faire ça depuis au moins 10 ans, Isabelle et moi. Partir. Loin. En Asie. J'ai déjà voyagé un peu en Asie. Difficile de dire précisément pourquoi, mais je me suis toujours senti chez moi au Népal, en Chine, en Thaïlande. On s'en reparlera. Je vous vois venir : comment on fait pour partir neuf mois en Asie avec femme et enfants quand on est en lock-out ? Faut que je vous dise aussi que ma blonde n'a pas de job elle non plus, son poste a été coupé en février dernier. Comment on fait ? On a épargné depuis 10 ans pour réaliser ce rêve. Facile. Faut juste s'y mettre. On a l'argent. Ce n'est pas cher l'Asie. On a loué notre maison à des étudiants. On a vendu le char. Nous voilà à Bangkok, dans la chaleur accablante qui pèse plus lourd que deux immenses sacs à dos. Et je me sens léger. Comment on fait pour partir en voyage quand on est en lock-out, demandez-vous ? Je vous pose une autre question : comment on fait pour ne pas partir en voyage quand on n'est pas en lock-out ? Il y a toujours une bonne raison pour rester dans son salon. Ce foutu conflit de travail au Journal de Montréal — et l'abolition de la job de ma blonde — nous a obligés à réfléchir. On s'est dit que c'est le moment ou jamais de réaliser notre rêve. En partant à l'autre bout du monde par mes propres moyens, comme un grand, je fais aussi le pari qu'on peut vivre sans attendre après Quebecor. Je vous raconte tout ça dans les prochains mois. Suivez-moi. Commentaires (3)
![]() Lock-out : un drôle de droit accordé aux patrons
Ecrit par Un collègue de Marco Fortier , 30 novembre 2009, 18:08 Ici en Amérique, les patrons ont le droit de faire la grève ! Les lois leur accorde le droit de fermer leur entreprise s'ils ne s'entendent pas avec leurs employés pour le renouvellement de leur convention collective. C'est ce qu'on appelle un lockout en anglais.
En Europe, ce droit est très restreint par les lois au point où nous sommes incapable de citer un exemple en France. Sauf erreur, les patrons français peuvent décréter un "lockout" si leurs employés menacent leurs biens (vandalisme, etc...)et encore ! Dans le cas qui nous intéresse, le propriétaire du Journal de Montréal (Quebecor) a mis 253 employés sur le trottoir le 24 janvier 2009 pour les contraindre à accepter une diminution substantielle (et complètement injustifiée, selon nous) de leur conditions de travail. Depuis ce 24 janvier, il n'y a eu aucune négociation malgré les demandes répétées du Syndicat des travailleurs de l'information du Journal de Montréal. Ecrivez un commentaire
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Concernant la situation en France, ce genre de procédé n'est effectivement pas possible, mais je ne suis pas certaines que ce soit vrai pour tous les pays Européens... L'Europe est un vaste territoire qui compte 50 pays (27 dans l'UE), donc il est difficile de dire "chez vous en Europe" !