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A propos de l'auteur

Marco Fortier

Marco Fortier est un chroniqueur politique reconnu au Québec. En temps normal, il œuvre pour Le Journal de Montréal, le plus important quotidien du Québec. Mais depuis le 24 janvier 2009, son employeur a décrété un lock-out (ça existe en Amérique!) et a mis 253 employés sur le trottoir. Les journalistes ont répliqué en créant leur propre site d'information sur le Net, Rue Frontenac.com. Marco Fortier a décidé de profiter de ce moment difficile pour réaliser un vieux rêve : faire le tour de l'Asie en un an avec sa femme et ses deux enfants. Il nous a permis de reprendre ses chroniques de voyage sous forme de blog sur LeCoinBio.com


Pas de casque, mais protégés par Bouddha
Écrit par Marco Fortier   
Lundi, 19 Octobre 2009 11:12

Marco Fortier au Népal blog tourismeKLONG PRAO, Thaïlande - J’ai parcouru à peu près 18 492 kilomètres en avion pour aller voir ce qui se passe à l’autre bout du monde. Et vous savez ce que je préfère, ce qui me fait vraiment tripper ici ? Vous allez rire de moi, mais je vous le dis quand même: voyager dans une boîte de pick-up.

En débarquant dans l’île de Ko Chang après une traversée de 40 minutes, le «taxi» vous attend au «port».

Le «port», c’est une sorte de quai branlant avec une sorte de cabane en bois où une madame vend des chips et de la bière.

Et le «taxi», c’est un gars avec son pick-up.

On embarque 12 personnes et leurs bagages dans une boîte de pick-up. Quand on embarque 12 personnes et leurs bagages dans une boîte de pick-up, dont deux fillettes de 4 et 6 ans, ça veut dire qu’on est loin, très loin du Québec. Imaginez, mes propres enfants sur la route dans une boîte de camionnette! Sans ceinture de sécurité! Avec pas de casque! Hon... Méchant papa.

Maudit que j’aime ça, rouler dans une boîte de pick-up! Avec ma blonde et nos filles. Comme des ados en cavale.

Cheveux au vent, on devine la mer derrière les cocotiers, on voit défiler des chats pleins de puces et des chiens errants à la patte cassée, on sent les brochettes de poulet qui grillent sur les barbecues improvisés le long de la route, devant des huttes de paille qu’on appelle «restaurants». Les Thaïlandaises qui nous suivent en mobylette nous font de beaux bye-bye.

Bientôt, demain peut-être, on partira en cavalcade à dos de mobylette, nous aussi. Toute la famille. Pas les quatre sur la même monture, comme les familles thaïlandaises, mais deux par mobylette. On n’est jamais trop prudent.

C’est ce que tout le monde nous a dit avant qu’on parte neuf mois en Asie: «Soyez prudents, là.»

Ouf! une chance que vous nous l’avez dit! Voyez, on est prudents. On ne circulera pas à plus de deux personnes par mobylette. Je vous enverrai une photo pour le prouver.

Va falloir être prudents, de toute façon. Parce qu’on n’aura pas de casque.

Sous la protection de Bouddha

On n’avait pas de casque non plus à bord du touk-touk à Bangkok. Ma fille Émilie, 4 ans, vous explique ce qu’est un touk-touk: «Y a pas de porte, un petit toit, trois roues et ça fait un plus gros bruit que les voitures. Et puis ça roule plus vite que les voitures.»

Marianne, 6 ans, précise: «On est assis toute la famille derrière le conducteur. Il y a une lettre derrière le dossier du conducteur. Elle sert à dire c’est quoi la première lettre de son nom, je pense. Le moteur est par terre et il y a des décorations en avant pour prier Bouddha. Il y a aussi des lumières vertes et des lumières rouges au plafond.»

Maintenant, je vous le demande: pourquoi mettre un casque en touk-touk quand on se trouve sous la protection de Bouddha en personne?

C’est comme dans l’autobus qui nous a emmenés de Bangkok à Trat, où on a pris le bateau pour Ko Chang: à l’avant du car, un beau gros Bouddha en or, entouré de fleurs mauves, guidait notre chemin. Personne à bord de l’autobus ne portait un casque. Et nous sommes tous arrivés sains et saufs au gars avec son pick-up qui nous attendait au bout du quai.

Voyage marco Fortier NépalSur la route

Il n’y a pas de service au numéro que vous avez composé.

Les lecteurs perspicaces auront noté que ça fait longtemps que je n’avais pas écrit. Il y a deux raisons à ça. La première, c’est que le Wi-Fi est lent dans la petite cabane où j’habite sur le bord de la mer, depuis quelques jours. Je ne sais plus exactement depuis combien de jours, parce que je ne sais plus quel jour on est. Et je ne veux pas le savoir.

La deuxième raison, et probablement la seule, expliquant mon silence radio des derniers jours, c’est que je n’avais pas le temps d’écrire: j’étais beaucoup trop occupé à ne rien faire. Voilà.

Santé à deux vitesses

Remarquez, j’ai quand même fait quelques petits gugusses ici et là. Comme me faire masser sur la plage par une Thaïlandaise aux mains expertes. Ne pensez pas croche, c’était tout à fait kascher. Je vous reparlerai plus tard des Thaïlandaises, il y a des choses à dire à ce sujet.

Preuve que j’ai accompli autre chose que de sombrer dans l’oisiveté, je me suis aussi occupé d’Émilie, qui s’est fendu le menton en tombant sur un quai. Ma blonde a dû l’amener à l’hôpital, à une dizaine de minutes du village. Clinique privée ultramoderne, personnel compétent et dévoué, Émilie avait 12 points de suture une demi-heure plus tard.

Facture: 400$. Merci, compagnie d’assurances.

Si on avait été Thaïlandais, on serait allés à l’hôpital public dans le village d’à côté et on aurait obtenu des services comparables, semble-t-il, pour 1$.

À bientôt

J’ai plein d’autres choses à raconter, mais on m’a toujours dit ne pas écrire trop long. Pour ne pas ennuyer les lecteurs. Et je dois aller voir le coucher de soleil sur la plage. Bye, Bouddha vous aime et vous embrasse.


Légende photo 1: Rouler dans une boîte de camionnette, quel bonheur!  Photo Marco Fortier

Légende photo 2: Magnifique baignade dans l’île de Ko Chang. Photo Marco Fortier

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