Derrière le mot "artisanal" se cache souvent une histoire humaine et familiale dans laquelle la passion et le labeur se côtoient. Celle de l'huilerie beaujolaise, c'est Mireille et Jean-Marc qui la font vivre tous les jours contre vents et marées. C'est en 1981 que Jean-Marc reprend ce vieux moulin du XIXe siècle, au centre du village de Beaujeu, transformé en garage depuis les années 1970.
Formé en Isère à ce métier, il décide de ressusciter ce moulin et de lancer une gamme artisanale d'huiles vierges de graines oléagineuses (amande, noisette, pignon de pin, pistache, noix de pécan, cacahuète, colza, sésame, argan, Å“illette, noix, navette, ...), toutes de première pression à froid.Â
Le concept est simple: un fruit, une huile. L'extraction est entièrement manuelle, sans chimie ni ingrédient rajouté. L'accent est mis avant tout sur la qualité des matières premières. Et ça marche. Les huiles sont d'une très grande finesse.
Jean-Marc et Mireille ont aussi tenu a redonné au moulin sa vocation première: les habitants de la région peuvent venir - avec un minimum de 25kg de fruits décortiqués - faire presser leurs graines et obtenir une huile sur mesure, corsée ou douce selon leur préférence.
Le retour de la navette
Dans le beaujolais, la navette n'est pas cette délicieuse pâtisserie traditionnelle marseillaise mais plutôt une plante oléagineuse, disparue dans les années 1950 et issue de la famille du colza. Cultivée en France dans les départements de la Saône et Loire, de l'Ain, du Jura, de la Côte d'Or, de la Haute-Marne et de l'Aube, cette culture qui couvrait 40 000 hectares en 1862, 2 000 hectares en 1940 a disparue depuis 50 ans.
Las de s'en tenir aux oléagineux conventionnels, Jean-Marc et Mireille
participent également à la redynamisation de la biodiversité de la
région en choisissant de travailler cette graine oubliée, cultivée maintenant sur le plateau de Langres.
Plus fine et plus légère que le colza, l'huile de navette a une saveur de choux avec un goût de navet. Elle rehausse admirablement bien les soupes de légumes.
Et le bio dans tout ça?
L'atelier de l'huilerie beaujolaise est certifié bio par Ecocert mais seulement deux graines - le sésame et l'argan - sont cultivées selon les méthodes de l'agriculture biologique. "Dans la région, il n'y a pas assez de cultivateurs de graines oléagineuses bio pour s'approvisionner seulement en bio. Pour nous, il serait absurde d'importer des graines bio d'Allemagne seulement pour mettre le logo AB sur la bouteille", nous explique Mireille.
La vieille meule en pierre menacée....
La belle meule en pierre d'une tonne six cents kilos qui trône majestueusement au milieu de l'atelier, risque de devenir bientôt une simple pièce de musée. Les nouvelles normes européennes d'hygiène vont vraisemblablement la déclarer comme insalubre. "Le problème c'est que les normes créées pour les industriels sont appliquées aussi aux petites exploitations artisanales qui ne travaillent pas du tout de la même façon.", déplore Mireille.
En fin de compte, cette huilerie artisanale est bien plus qu'une simple huilerie. Elle est le symbole d'une résistance passive face à l'homogénéisation et la standardisation des saveurs.
Infos pratiques
Adresse: 29 rue des Echarmeaux - 69 430 - Beaujeu - France.
Tél: 04 74 69 28 06
Site Internet: www.huilerie-beaujolaise.com
Horaires d'ouverture de la boutique: du mardi au samedi de 9h15-13h00 et 15h00 - 19h00.
Visites guidées sur rendez-vous.







