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Un jour, Marianne voyait des femmes laver la vaisselle, dans la rivière
au Myanmar, et elle m'a demandé : « Papa, pourquoi les femmes
travaillent tout le temps et les hommes ne font rien? »
Bonne question, Marianne. À 6 ans, tu comprends déjà pas mal de choses.
C'est vrai que les femmes travaillent
fort en Asie. En Thaïlande, au Népal, au Myanmar et au Vietnam — les
pays qu'on a visités jusqu'à maintenant —, c'est partout pareil. Les
femmes travaillent du matin au soir pendant que les hommes prennent le
thé ou jouent aux cartes. C'en est choquant.
Ce sont des surhommes, ces femmes
asiatiques! Les femmes bûchent sur les chantiers de construction, pieds
nus. Elles transportent des tonnes de pierres et des tonnes de briques
sur leur dos.
Ce sont les femmes qui vont chercher le
bois pour la cuisine. On les voit le long des routes, en groupes,
chargées comme un cheval. Ce sont aussi les femmes qui plantent,
récoltent et transportent le foin.
Elles se tapent aussi la lessive, le ménage et s'occupent en même temps des enfants, bien sûr.
Les femmes ont les plus gros bras et le
plus gros cerveau : ce sont elles qui gèrent les entreprises, la
plupart du temps dans l'ombre d'un homme.
« Pourquoi c'est comme ça, papa? »
Hum... Je vais m'informer. On en reparlera un jour.
Si quelqu'un a une réponse intelligente à me suggérer, n'hésitez pas. Les enfants aussi
Je vous parle du travail des femmes, mais savez-vous comment on construit une route au Myanmar?
Simple : sans aucune machinerie. On
prend 25 femmes et 25 enfants et on leur donne chacun une pelle ou une
pioche. Un ou deux hommes leur donnent des ordres, les bras croisés, à
l'ombre sous les arbres.
J'ai vu cette scène à quelques reprises au Myanmar.
Plusieurs organisations ont dénoncé le
travail forcé au Myanmar. Je ne sais pas si ces femmes et ces enfants
— aussi jeunes que 12, 13 ans — qui construisaient des routes à bout de
bras, sous un soleil de plomb, étaient victimes de « travail forcé ».
Je sais par contre qu'il y a des coups de pied au derrière qui se perdent.
Bouddha ne serait pas fier.
Un dernier mot au sujet des enfants du Myanmar. À Amarapura, ancienne capitale du
royaume, au centre du pays, se trouve un lac paisible, traversé par une
charmante passerelle de 1,2 km tout en teck. Les gens viennent de loin
pour assister au coucher de soleil ici.
Nous avons été accueillis par une armée
d'enfants à Amarapura. Les petits monstres dévisageaient nos filles
d'un air étonné. Ils vivent de toute évidence dans une pauvreté
choquante. Vêtements crottés et déchirés. Morve au nez. Maladies de
peau. Pieds nus dans les déchets.
J'ai promené mon regard aux alentours.
Une vingtaine de temples et de pagodes abritant des Bouddhas d'or
dressaient leurs toits au-dessus des arbres entourant le lac. Mais je
n'ai vu aucune école.
Trouvez l'erreur. 
Crédits photos: RueFrontenac.comPhoto 1: Des femmes font la vaisselle dans la campagne près de Nyaungshwe, au Myanmar. Photo 2: Des enfants accueillent Marianne à Amarapura. Photo 3: Des passants traversent la passerelle de teck au coucher du soleil à Amarapura, au centre du Myanmar. Photo 4: Des temples dressent leurs cimes autour du lac à Amarapura, au centre du Myanmar.
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